16 juillet 2021 : accidentalité routière, pas de retour encore à la normale

Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 288 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en juin 2021. Comparé au  mois de juin 2020 où l'on avait déploré 211 morts sur ces routes, 78 personnes de plus ont été tuées, soit une hausse de 37%. Sur le premier semestre, la hausse est de 7%  En année glissante sur les 12 derniers mois, il apparait  encore une baisse de - 9 %.

L'ONISR a choisi depuis le début de l'année de comparer 2021 à 2019 en considérant un retour à la normale, Cela donne pour le mois de juin, une baisse de 1% ; sur le semestre une baisse encore de 18% et en année glissante de de -19%. Les déplacements lors du mois de juin 2021 ont été  ainsi plus importants qu'en juin 2020. Ce niveau de trafic en juin 2021, par le Cerema  comporte un pic de l'ordre de +40 % par rapport à juin 2020 (au trafic encore faible malgré la levée des restrictions de déplacements au 2 juin)

Cette comparaison reste encore à nuancer tant les conditions de vie ne sont pas véritablement revenues à la normale.
Un couvre-feu a été mis en place en France métropolitaine sur la première moitié de l'année 2021 et le télétravail fortement recommandé. L'heure de début du couvre-feu est repoussée de 21 h à 23 h le 9 juin 2021, celui-ci est ensuite levé au 20 juin 2021.

On remarque aussi un taux de mortalité des accidents de 52 décès pour
100, inférieur de 4 unités avec 2019.  De ces constats, on peut supposer que l'effet du couvre-feu a pu jouer pour réduire le nombre d'accidents graves. C'est ce que démontre l'étude de l'ONISR. L'analyse de la diminution du nombre de tués selon les tranches horaires indique une plus forte réduction de la mortalité pendant les horaires de couvre-feu qu'en journée, ce qui explique la plus forte réduction du nombre de tués que du nombre de blessés.

Par catégorie d'usager, la mortalité cycliste est particulièrement élevée pour le mois de juin 2021 avec quasiment le double de tués par rapport au mois de juin 2019. Si cela peut s'expliquer par une augmentation de la pratique du vélo, cela laisse aussi supposer que les aménagements proposés et les comportements des cyclistes ne vont pas dans le sens d'une réduction du risque d'accident. La mortalité piétonne en juin 2021 est également en hausse par rapport à la période d'avant crise (juin 2019), et cela est encore plus marqué comparé au mois de juin 2020. Ainsi 37 piétons ont été tués en juin 2021, soit 4 de plusqu'en juin 2019 et 8 de plus qu'en juin 2020. Ce constat laisse supposer que la cohabitation des usagers en véhicule avec les piétons s'est détériorée avec comme exemple ; l'augmentation des accidents cyclistes ou trottenitiste/ piéton. La mortalité motocycliste, avec 83 tués, est supérieure au niveau de la moyenne de ces 10 dernières années. La météo du mois de juin 2021 était favorable à la pratique de la moto ajoutée à un vent de libération moins
propice à la prudence. La mortalité des automobilistes est plus élevée qu'en juin 2020 : 110 automobilistes ont été tués contre 101 en juin 2020, soit 9 tués de plus. Ce bilan est cependant très inférieur à celui du mois de juin 2019, ainsi qu'aux mois de juin des années précédentes (de l'ordre de 30 tués de moins). Cela traduit probablement l'effet couvre-feu. Les analyses restent donc toujours délicates à faire, puisque 2021 et 2020 ne seront pas comparables à 2019 et aux années antérieures et que rien ne permet de prévoir si l'accidentalité reviendra à des niveaux comparables comme la vie d'avant ?


Lire les analyses des mois de juin