29 juillet 2021 : nouvelle expérimentation de la remontée de file par les motocyclistes

Un décret du 28 juillet 2021 autorise de nouveau à titre expérimental les motocyclistes à circuler entre les files de circulation  sur certaines autoroutes sans pour autant dépasser la vitesse de 50 km/h. Une première expérimentation, menée dans les départements de la région Ile de France, des Bouches du Rhône, de la Gironde, du Rhône avait été menée entre février 2016 et janvier 2019 puis prolongée d'un an. Selon le communiqué de presse du Ministère de l'intérieur, l'évaluation menée par le CEREMA n'avait pas permis de conclure à la généralisation ou à l'abandon de cette pratique.

Le nouveau décret prévoit une expérimentation de nouveau sur trois ans sur les mêmes départements auxquels s'aoutent les départements de la Haute-Garonne, de l'Hérault, de l'Isère, de la Loire-Atlantique, du Nord, du Var, des Alpes-Maritimes, de la Drôme, du Vaucluse et des Pyrénées-Orientales ainsi que la métropole de Lyon.

Le décret précise que la vitesse des véhicules en inter-files ne peut excéder de plus de 30 km/h celle des véhicules circulant dans les deux voies les plus à gauche, dans la limite de 50 km/h. Il prévoit également la mise en œuvre d'une signalisation dans les zones concernées par l'expérimentation qui a fait l'objet d'un arrêté 

Commentaires :

Cet arrêté déroge ainsi aux dispositions des articles R. 412-9, R. 412-23 et R. 412-24 du code de la route. La circulation inter-files se caractérise par une circulation entre les files de véhicules situées sur les deux voies, ayant le même sens de circulation, les plus à gauche d'une chaussée. Cela revient à remonter les files de circulation mais l'appellation de circulation inter-files a pris le dessus sous l'influence des associations de motocyclistes afin de donner une certaine respectabilité à cette pratique qui reste une pratique dangereuse en toute circonstance. Cette dangerositié a déjà été démontré lors des études préalables à la première expérimentation et lors de l'évaluation faite par le CEREMA de l'expérimentation qui s'est achevée eb 2019. Certes, en termes d'accidents, il est difficile de mettre en évidence une hausse signficiative des accident mais l'objectif de l'expérimentation était aussi de réduire le nombre d'accidents (lire l'historique).

Rappelons que cette pratique reste interdite et ne pourrait être autorisée que sur les autoroutes et les routes à deux chaussées séparées pour peu que ces voies soient d'une largeur suffisante (3 mètres 50 ou plus avec le marquage) pour laisser entrevoir un passage des motocyclettes entre les véhicules. Ce n'est pas toujours le cas,  notamment sur les autoroutes urbaines ou voies rapides urbaines, ce qui incite souvent les motocyclistes à réclamer le passage en demandant aux automobilistes de s'écarter, saluant du pied au passage les automobilistes prévenant mais aussi les maudissant parfois faute de cet effort, effort qui pourtant n'est pas sans risque pour l'automobiliste.

Chacun remarquera que cette remontée est autorisée lorsqu'en raison de sa densité, la circulation s'y est établie en files ininterrompues s'en trouvant ralentie à moins de 50 km /h. Autrement dit, dès que la circulation est supérieure à cette vitesse, une moto est un véhicule comme un autre et se doit de circuler dans les voies de circulation. Il y a dans ces circonstances une part de subjectivité. Force est de reconnaître que la plupart des motocyclistes ne resectent pas cette règle, répugnant à circuler normalement dès lors que le trafic se densifie.

La règle est d'ailleurs plus stric qu'il n'y parait puisque la vitesse des moto en inter-files ne peut excéder de plus de 30 km/h celle des véhicules circulant dans les deux voies les plus à gauche, dans la limite de 50km/h. Cela signfie que la circuation est dans une situation proche de la saturation.