Attention (défaut d')

Définition :

On entend par «défaut d'attention» du conducteur le détournement ponctuel de son attention (c'est-à-dire de sa faculté de se concentrer sur  une ou plusieurs tâches)  de ses tâches immédiates de conduite vers d'autres tâches sans relation directe avec sa conduite mobilisant significativement son attention.

Commentaires :

Le défaut d'attention ne doit pas être confondu avec la perte de vigilance, attention et vigilance étant deux états psycho physiologique et cognitif du conducteur différent (lire l'ouvrage de l'IFFSTAR à ce sujet) Le défaut d'attention correspond à une perte momentanée du contrôle de l'activité de conduite car ses capacités de détection des évènements de la circulation et de réaction aux incidents sont amoindries. Il peut s'agir d'une distraction motrice (régler la climatisation), d'une distraction cognitive (discussion animée avec un passager), d'une inattention liée à une préoccupation de l'esprit.

Certaines études mettent en évidence qu'environ 25 % à 50 % des accidents corporels (selon la portée que l'on donne à la notion d'attention perturbée), seraient dus à un défaut d'attention. Ce défaut se traduit notamment par un retard dans la prise de décision et dans un allongement significatif de la distance de réaction. Une codification du bulletin d'analyse des accidents de la circulation (BAAC) prévoient le motif « attention perturbée » que les forces de l'ordre intervenues sur la scène peuvent renseigner si  ce motif est manifeste et déterminant dans l'occurrence de l'accident.  Ce facteur attention perturbée » dans les décès routiers est de l'ordre de 10 % .

Parmi les situations de conduite ayant mis en avant ces dernières années le défaut de vigilance est apparu l'usage du téléphone au volant.

Téléphoner en conduisant avec ou sans kit mains libres est suceptible d'entrer en concurrence avec les activités de conduite et de perturber les capacités attentionnelles et de dégrader les performances de conduite. Parce qu'elle peut distraire, une communication téléphonique constitue un risque d'accident. L'utilisation du téléphone et des technologies de l'information et de la communication au volant est, par nature, et relativement à la situation de conduite une activité intermittente. Son probable effet perturbateur sur la conduite l'est également. La détermination du risque encouru reste difficile  à estimer en l'absence de constat précis au moment de l'accident. Téléphoner en conduisant (quel que soit le moyen employé, tenu en main ou avec un kit mains-libres), essentiellement du fait de la captation d'attention, multiplie par 3 le risque d'accident matériel ou corporel selon une expertise menée en 2011 (Téléphone et sécurité routière - Expertise collective - IFSTTAR-INSERM - avril 2011). Cette expertise conclut que près d'un accident corporel de la route sur dix serait lié à l'utilisation du téléphone en conduisant.