Les mesures d'éducation routière

Un certain nombre de mesures du CISR peut être classé dans la famille des mesures relevant de l'éducation routière. La mesure 1 a l'ambition de mobiliser le plus grand nombre possible de citoyens et d'acteurs de la vie publique en faveur de la sécurité routière. Cette mobilisation n'est pas une nouveauté. Elle est née en 1985 avec l'émergence d'une politique locale de sécurité routière assise sur des enquêtes d'accident dites REAGIR et la formation d'IDSR. Ces IDSR sont devenus au fil du temps des intervenants qui assurent dans les départements une animation dédiée à la sécurité routière. Ce nouvel élan réussira que si elle est portée par les IDSR. Or, ces derniers ont bien du mal à survivre car il s'agit d'une activité annexe à leur métier. Par ailleurs, les vocations s'étiolent notamment dans le milieu associatif, de surcroît

La mesure 1 vise les jeunes par la constitution d'une communauté numérique de volontaires du service civique, bénévoles et formés, par l'installation de simulateurs de conduite dans des missions locales, par une promotion active de la conduite supervisée et un renforcement des actions de prévention sur les conduites dangereuses voire addictives (alcool et cannabis). Elle vise les étudiants par la saisine des commissions consultatives ou décisionnelles des établissements s'intéressant à la vie étudiante et par une inscription de la problématique de la sécurité routière dans la circulaire de rentrée du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation.
Ainsi, dès la rentrée prochaine, des formations seront offertes aux responsables des associations étudiantes de tous les établissements d'enseignement supérieur. Elle vise les séniors par un programme de sensibilisation sur l'ensemble du territoire des médecins pour qu'ils abordent des messages de sécurité routière pendant leurs consultations. Elle vise les partenaires sociaux pour les impliquer davantage dans la prévention et la sensibilisation au risque routier professionnel et plus particulièrement au sein des branches qui font l'objet d'une forte accidentalité routière. Elle vise enfin les agents de l'État avec la nomination dans chaque administration d'un haut fonctionnaire en charge de la sécurité routière pour animer la politique de sécurité routière en faveur de la protection des agents de l'administration.

La mesure 2 a pour objectif de faire prendre conscience aux nouveaux titulaires du permis de conduire de l'ampleur de leurs responsabilités par la signature d'une charte numérique par tous ceux qui viennent de réussir l'examen du permis de conduire qui les engage à se comporter dans tous les actes de leur vie de conducteur, de façon à respecter et à protéger l'ensemble des usagers de la route. La signature sera le préalable à l'obtention du certificat permettant de conduire. Échéance prévisionnelle : fin 2018.

Cette mesure n'apporte pas grand-chose. Il aurait mieux valu organiser un suivi des jeunes conducteurs pour évaluer l'efficactié des différentes formules de formation.

La mesure 3 vise à lancer une réflexion sur la valorisation des comportements exemplaires. 80% des titulaires du permis de conduire en France ont 12 points sur leur permis de conduire. Pour motiver le plus grand nombre à adopter ou à conserver un comportement responsable sur nos routes, le CISR propose une réflexion afin de permettre la valorisation de tels comportements. Ce système de récompense existe déjà au travers les primes d'assurance depuis l'instauration du bonus/malus. Il revient aux assureurs d'apporter des éléments démontrant l'efficacité d'un tel dispositif.

La mesure 10 vies à accompagner le développement de la pratique du vélo en toute sécurité. Si la pratique du vélo présente de nombreux bénéfices pour la santé et l'environnement, le CISR constate que le développement de cette pratique en France s'accompagne malheureusement d'une augmentation de l'accidentalité pour cette catégorie d'usagers : depuis 2010, le nombre de cyclistes tués sur les routes augmente en moyenne de 1,6% par an, avec une hausse de 8,7% pour la seule année 2016. Le CISR propose de mieux sensibiliser ces nouveaux usagers parmi lesquels le CISR distingue deux publics : les jeunes scolarisés et les personnes qui achètent ou louent des vélos. Il convient d'informer les cyclistes sur les équipements de protection. Au-delà des équipements, se pose la question des « libertés » accordés aux cyclistes au regard de certaines règles du code de la route et de l'usage à risque qui en fait par les cyclistes « chevronnés «  à  partir du moment où les règles de circulation pour les cyclistes dérogent aux règles générales de la circulation.

La mesure 17  va augmenter la durée des stages de sensibilisation à la conduite de 2 à 3 jours pour les usagers qui ont déjà suivi deux stages au cours d'une période de cinq ans. Consacrer cette journée supplémentaire de stage à l'examen de questions comportementales et psychologiques centrées sur la récidive. Échéance prévisionnelle : 2019