LAVIA

Définition :

Grâce aux nouvelles technologies et aux progrès techniques réalisés par les constructeurs automobiles et les équipementiers, il est désormais possible d'introduire dans les véhicules des systèmes qui peuvent aider le conducteur à respecter les limitations de vitesse. Dans un premier temps, s'est développé le régulateur de vitesse qui permet au  conducteur de choisir une vitesse de croisière que la voiture va maintenir constante, et ainsi rouler sans toucher à l'accélérateur. La vitesse de croisière choisie s'affiche au tableau de bord. En cas de besoin, il peut également accélérer, la voiture retrouvant automatiquement sa vitesse de croisière au lâché de pied. En cas d'appui sur la pédale de frein ou d'embrayage, le système est automatiquement désactivé.
 
Puis est apparu le limiteur de vitesse qui permet au conducteur de choisir lui-même la vitesse maximale qu'il ne souhaite pas dépasser. En utilisant les mêmes boutons de réglage que ceux du régulateur, il peut diminuer ou augmenter la limitation de vitesse qu'il se donne. Si le conducteur tente d'aller au-delà de la vitesse qu'il a programmée, la pédale d'accélérateur devient inactive. Cependant, en cas de nécessité, un appui fort permet d'outrepasser un point dur et de franchir la limite de vitesse fixée. La fonction limiteur est automatiquement réactivée après toute décélération ou freinage ramenant le véhicule sous la limite initialement choisie.

Une variante est l'alerte de survitesse, dispositif destiné à déclencher un avertisseur sonore et visuel sur l'afficheur central, lorsque le véhicule dépasse la vitesse programmée par le conducteur. Le système est actionné volontairement et peut être déconnecté à tout moment manuellement par action sur la commande.

Le LAVIA (limiteur s'adaptant à la vitesse autorisée) est un système de vitesse qui fixe automatiquement la vitesse maximale que peut atteindre le véhicule à la hauteur de la limitation de vitesse réglementaire.  Grâce à un système de navigation (GPS ou Galileo) et aux capteurs du véhicule, le LAVIA, composé d'un ordinateur de bord contenant une carte du réseau routier, ajuste la vitesse maximale de la voiture en fonction des limitations en vigueur dans la zone où elle circule en bridant l'injection de carburant. Le Lavia propose trois options: l'Alerte de survitesse, option 1 informative, qui avertit le conducteur grâce à un voyant lumineux en cas de dépassement de la vitesse,  le limiteur de vitesse débrayable, option 2, activé volontairement si le conducteur le décide, le limiteur de vitesse permanent, option 3,  sauf déactivation par pression de l'accélérateur (dit usage kick down).

Commentaires :


Le LAVIA a fait l'objet d'un programme d'expérimentation en France entre 1999 et 2006 par la DSCR. Ce programme débute opérationnellement en 2001 avec l'accord des constructeurs automobiles Renault et Peugeot. L'objectif est de tester son acceptabilité, son influence sur les comportements et d'évaluer les bénéfices attendus en terme de réduction du nombre des accidents et de leur gravité.

L'expérimentation sur le terrain se déroule dans le département des Yvelines entre fin 2004 et début 2006 sur 12 mois, suivant un protocole d'évaluation précis. Une centaine de conducteurs représentatifs selon la méthode des quotas sont sélectionnés. La zone expérimentale couvre plus de 100 km2 avec une zone active de près de 1000 km  (sur tous types de route) où le LAVIA est opérationnel et une zone d'observation où le LAVIA n'est pas opérationnel mais où le recueil des données est actif. 27 véhicules sont équipés. L'évaluation portera sur près de 200 000 km, chaque conducteur utilisant un véhicule équipé pendant une durée de 8 semaines.

Pendant la même époque, d'autres pays se sont lancés dans le même type d'expérimentation. Le système dénommé en anglais Intelligent Speed Adpatation (ISA) est testé en Suède, pays pionnier en la matière, en Hollande, en Grande Bretagne, au Danemark, en Finlande et en Australie. tous ces pays s'accordant sur le faits que la vitesse est la première cause des accidents de la route et de leur gravité.

Une conférence internationale faisant le point sur l'état de l'art, les principales contraintes et les initiatives à prendre pour son déploiement s'est tenue en 2009 à Sidney. 

Toutes les expérimentations dont celle menée en France concluent à un effet positif du LAVIA sur le comportement des conducteurs. Son effet est net sans être spectaculaire sur les routes hors agglomération. Il est plus nuancé sur les routes situées en agglomération particulièrement dans les zones 30. Cet effet positif s'accentue avec le mode de fonctionnement. Il est plus marqué dans le mode « permanent» (option 3) que dans le mode débrayable (option 2). Il est le moins marqué dans le mode d'alerte (option 3) sans pour autant être négligeable.

Peu d'évaluations peuvent conclure statistiquement sur une efficacité en terme d'accidents et de gravité. Une recherche anglaise estime néanmoins une réduction potentielle des accidents corporels, après déploiement, de l'ordre de 30% et une réduction plus importante pour les accidents graves et mortels sans donner d'estimation plus précise. Quel que soient les pays, la plupart des conducteurs reconnaissent l'utilité du système. Les avis sont plus nuancés quant à son acceptabilité avec un avantage au mode informatif (option 1) qui est l'option la moins contraignante. En France, les modes actifs seraient mieux acceptés par les conducteurs s'ils étaient installés dans tous les véhicules et si les limitations de vitesse étaient plus adaptées à la route. 

Une mise en œuvre à grande échelle du LAVIA pourrait donc constituer un puissant moyen de réduire le nombre d'accidents et leur gravité.

D'un point de vue technique, la technologie de base du LAVIA semble robuste. Le déploiement du système informatif pourrait être possible rapidement. La plus grande difficulté en France, réside dans la constitution d'une base de données fiable et actualisée. Rappelons que seulement 60 % des collectivités territoriales ont communiqué, lors de l'expérimentation, leurs diverses limitations de vitesse en vigueur sur leur territoire. Cette difficulté s'est confirmée au cours du projet BALI financé par la DSCR (Base de données nationales des limitations de vitesse) financé par la DSCR dans la continuité du projet « LAVIA » dont l'objectif était d'évaluer la faisabilité organisationnelle et technique pour constituer une telle base.

A cette difficulté s'ajoute l'absence en France d'un contrôle obligatoire et indépendant de la signalisation. L'oubli de panneaux de limitations de vitesse, l'insuffisance des rappels, ou leur ambiguïté et ce quels que soient les réseaux mais aussi l'inadéquation entre certaines limitations de vitesse et les caractéristiques de l'infrastructure, nuisent fortement à l'acceptabilité du système (défaut déjà mis en évidence avec les radars automatiques).

Par ailleurs, le format des données et de leur transmission doit être harmonisé (projet européen Speed Alert).

D'un point de vue d'échelle, on remarquera que toutes les expérimentations ont eu une caractéristique commune : elles ont été conçues pour une utilisation locale. Outre la constitution d'une base nationale, le dispositif n'aura un effet qu'à partir d'un % suffisant de véhicules équipés.

Le déploiement doit par ailleurs s'accompagner d'une réflexion stratégique quant à son organisation. Elle doit impliquer les constructeurs automobiles mais aussi les fournisseurs de système de navigation. Il reste à définir un modèle économique ad'hoc. L'implication de l'Etat dans le développement du LAVIA peut constituer une réponse positive face au développement de système d'information interactif d'avertisseurs de radars. Timidement, il s'est engagé lors des annonces faites lors du CISR de novembre 2015 à bâtir à échéance de 2 ans une base de données nationale des vitesses maximales autorisées, en libre accès, enrichie progressivement par l'ensemble des autorités ayant la compétence pour fixer ces limites (mesure 17).

D'un point de vue réglementaire, l'introduction d'un système informatif ne pose pas de problème. Il en est autrement dès lors que l'utilisation du système actif deviendrait obligatoire.