Bilan de l'accidentalité routière 2018


L'observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a publié le bilan définitif de l'accidentalité 2018 qui s'établit ainsi : en 2018, 3 248 personnes sont décédées sur les routes de France métropolitaine, soit 200 personnes de moins qu'en 2017 et 20 de moins qu'en 2013 qui était l'année où le nombre de mort sur les routes a été le plus bas jamais enregistré. Avec 200 décès de moins qu'en 2017, la mortalité routière de l'année 2018 est en baisse de -5,8 %. Il s'agit du niveau de mortalité annuel jamais enregistré depuis que les statistiques sur l'accidentalité ont débuté en 1956.

Il est légèrement inférieur à celui de 2013 (- 0,3 % par rapport à 2013). Ce bilan arrive après quatre années de hausse et de stagnation de la mortalité routière en France.

Selon l'ONISR,  ce bilan s'inscrit dans un contexte de trafic routier en hausse. Les accidents corporels et les blessés sont également en baisse (respectivement -4,9 % et -4,8 %). Dans les départements d'Outre-mer, 144 personnes ont été tuées. Dans les collectivités d'Outre-mer et la Nouvelle Calédonie, on enregistre 96 tués.

Parmi cette mortalité métropolitaine, on dénombre 471 piétons, 175 cyclistes, 133 cyclomotoristes, 627 motocyclistes, 1 637 automobilistes, 44 usagers de poids lourds. 86 enfants de 14 ans ou moins, 106 adolescents de 15-17 ans, 503 jeunes de 18-24 ans, 842 seniors de 65 ans ou plus.

L'observatoire constate que  la mortalité des jeunes adultes de 18-24 ans en véhicule de tourisme a réellement baissé durant la décennie. Ainsi ils représentaient 25% de la mortalité automobiliste en 2010, contre 19% en 2018. Ils représentent désormais 8% de la population, donc sont encore en sur-risque.
Leur mortalité en moto a aussi fortement diminué, ils représentaient 21% de la mortalité moto en 2010, contre 15% en 2018.

A l'inverse, la mortalité des séniors de 65 ans ou plus en véhicule de tourisme a augmenté. Ils représentaient 19% de la mortalité automobiliste en 2010, contre 28% en 2018. Ils forment 20% de la population, donc sont également en sur-risque, en particulier les séniors les plus âgés.

Quant à la mortalité à moto des 45-64 ans, elle a bondi ces dernières années : ils représentaient 25% de la mortalité moto en 2010, contre 31% en 2018.

L'ONISR publie une synthèse , une présentation ainsi que des indicateurs régionaux et départementaux



Le graphe ci-dessus présente la courbe en trait plein de la mortalité annuelle calculée en année glissante. La courbe en pointillé est la courbe tendance de cette évolution sur les quatre dernières années. Elle montre une tendance à la hausse qui a démarré courant 2014 et qui s'est poursuivie, certes d'une manière erratique jusqu'à fin de 2016.

L'inversion de la courbe s'amorce fin 2016 pour se confirmer à la fin du premier semestre 2017. Cette inversion correspond à la promulgation de la loi de modernisation de la justice du XXI ème siècle qui met en oeuvre 10 mesures consécutives au CISR d'octobre 2015 avec notamment la mesure créant une contravention de non-révélation de l'identité du conducteur par le représentant d'une personne morale propriétaire du véhicule en infraction, mesure effectie à compter du 1er janvier 2017.
Elle se poursuit avec l'annonce de l'abaissement  à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes bidrectionnelles hors agglomération fin 2017.

L'observatoire a d'ailleurs estimé l'effet 80 km/h. Alors que le premier semestre 2018 était dans la moyenne des 5 dernières années 2013-2017, 127 vies ont été économisées sur les routes hors agglomérations au 2nd semestre, contre 15 sur les autres réseaux (routes et rues en agglomération et autoroutes).


Une analyse fine des données permettra de mieux comprendre d'où proviennent ces progrès. Cette analyse n'est jamais simple. Ainsi, 2013 fut une année atypique dans l'évolution de la mortalité routière sans qu'il soit possible de trouver une explication satisfaisante. De très nombreux facteurs peuvent influer dans un sens ou une autre l'accidentalité routière et plus particulièrement la mortalité routière. Il est évident que la question est posée de savoir quel a été l'importance de l'impact de la baisse de la vitesse à 80 km/h sur les routes de campagne.  


Rappel :

En matière de statistique accident, le premier temps est la publication courant janvier d'un bilan provisoire. Ce bilan est provisoire dans la mesure où toutes les fiches d'accident dites BAAC ne sont pas remontées à l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) en charge de rassembler les données statistiques, de les analyser et de les publier. C'est particulièrement vrai pour les fiches des deux dernières mois. Par ailleurs, les fiches des mois précédents vont encore l'objet d'un contrôle qualité, notamment au niveau de la détermination exacte du lieu de l'accident. Le bilan proviosire portant sur l'année comporte aussi une extrapolation du mois de décembre sur le nombre de victimes à l'aide de coefficient correcteur. Ilpeut donc y avoir une imprécision de plus ou moins une dizaine de personnes tuées dans ce bilan provisoire. Ce bilan fait l'objet d'une communcation médiatique.

Un bilan défintif est publié fi mai mais un travail d'analyse plus fin reste à faire. Il est réalis" durant l'été et aboutit à un docuent complet de plus d'une centaine de page et une trentaire de fiches thématiques.