Eclairage additionnel de passage piéton

Définition :

L'éclairage additionnel d'un passage piéton se dit d'un éclairage spécifique installé en plus de l'éclairage public et orienté sur la longueur du passage piéton à l'aide généralement d'un mat d'éclairage positionné le plus souvent sur le trottoir au droit du passage.

Commentaires :

Eclairer les passages piétons à l'aide d'un éclairage spécifique est une pratique apparue dans les années 1980. Elle est toujours une solution mise en œuvre pour améliorer la sécurité nocturne des traversées piétonnes dans nos villes sur les passages prévus à cet effet.

Pour autant, aucune étude n'a évalué la réelle efficacité de ce dispositif.  La question est pourtant de savoir si cela est vraiment judicieux d'éclairer spécifiquement les passages piétons pour remédier aux accidents survenant la nuit à ces endroits ?

La question s'impose car son installation requiert certaines connaissances en matière d'éclairage au risque d'obtenir l'effet contraire de celui escompté, c'est-à-dire mieux détecter et voir le piéton qui traverse.  

On comprend qu'il y a beaucoup à faire pour réduire l'accidentalité sur les passages réservés aux piétons car un piéton tué sur trois l'est sur ces passages et parmi eux, un sur deux a plus de 75 ans. Comme dans presque deux cas sur trois l'accident survient en période nocturne, améliorer l'éclairage du passage est une demande fort logique de la part des piétons, reprise par les élus qui ne manquent pas d'être sollicités par des sociétés leur proposant "La solution".

La lecture des analyses détaillées de ces accidents nous apprend cependant que un éclairage additionnel ne supprimera pas, dans bien des cas, le caractère dangereux du passage. Certes, les conducteurs déclarent dans presque tous les cas, et de bonne foi, qu'ils n'ont pas vu le piéton s'apprêtant à traverser ou en train de traverser mais ce « pas vu » s'avère le plus souvent résulté d'un masque à la visibilité.

Ce masque est classiquement celui d'un véhicule en stationnement d'où la décision récente prise dans le cadre de la loi d'orientation sur les mobilités de supprimer ce stationnement sur 5 mètres en amont du passage. Mais le masque peut également être un mobilier urbain sur le trottoir comme, par exemple, le masque créé par un arrêt bus lorsqu'il est malencontreusement implanté en amont d'un carrefour. Le risque dans ces situations est d'autant plus grand que la vitesse d'approche des véhicules n'a pas été ralentie. La modération de la vitesse à l'approche d'un passage piéton peut s'obtenir par la géométrie du carrefour.  Il peut s'agir de réduire les rayons de giration des mouvements de tourne-à-droite (un accident sur deux se produit dans cette situation). Cela peut-être également un aménagement spécifique des passages piétons comme la création d'un plateau surélevé ou mieux encore par une avancée de trottoir. Ces aménagements conviennent aussi bien en carrefour qu'en section courante.

Ce « pas vu » peut simplement résulter de l'insuffisance de détection du passage piéton, que cela soit dans les conditions nocturnes ou diurnes. Trop de passages piétons  ne sont tout pas correctement signalés verticalement mais surtout horizontalement. Le marquage est parfois non conforme à la réglementation. Il est souvent peu visible car partiellement effacé par manque d'entretien et/ou l'usage de marquage non conforme à la norme « marquage passage piéton ».

Pour autnat, parce qu'il porte comme très souvent des vêtements sombres, la solution qui vient naturellement à l'esprit pour mieux voir le piéton traversant est de renforcer l'éclairage public existant par un éclairage dit additionnel. Il faut cepndant avoir à l'esprit  qu'un tel éclairage, mal implanté, peut rendre le piéton totalement invisible par un simple effet de contraste. Force est de constater qu'une mauvaise implantation est plus que fréquente dans nos villes.

Comme souvent, la sécurité apportée par un aménagement est dans les détails et l'éclairage additionnel des passages piétons n'échappe pas à cette règle. Le piéton a toujours tendance à croire qu'il sera vu, ce qui ne l'incite pas à une certaine prudence. L'éclairage additionnel le conforte dans cette croyance. Il n'imagine pas, outre les masques de visibilité déjà évoqués, qu'il peut disparaître de la vision des conducteurs  à partir du moment  où il débute ou il termine sa traversée  en dehors du passage, cas plus que fréquent. C'est pourquoi, une bonne pratique d'aménagement serait pour le moins  d'accompagner ces éclairages de barrières de guidage pour éviter ce type de comportement. De son côté, le conducteur ne croit que ce qu'il voit et anticipe mal ce qu'il ne voit pas alors qu'il devrait par expérience, supputer la présence d'un piéton au soit d'un passage péiton et naturellement ralentir ou mettre le pied sur le frein. 
La présence d'un éclairage additionnel devrait le mettre en alerte mais en éalité ne le conforte que dans ce qu'il voit, ce qui ne l'incite pas à alentir. Le piéton traversant devant être perçu suffisamment tôt par le conducteur, une autre bonne pratique n'est pas d'installer l'éclairage dans l'axe du passage comme c'est pratiquement sytèmatiquement le cas mais d'éclairer aussi une zone en amont en plus du passage piéton lui-même, mais aussi un mètre en aval de celui-ci de celui-ci. Le but est d'être sûr d'obtenir un contraste positif, c'est-à-dire éclairer devant, un fond sombre situé derrière le passage. L'éclairage doit aussi éclaireren retrait de deux bons mètres les abords du passage piéton sur le trottoir et ce des deux côtés de la chaussée. Les normes allemandes et suisses préconisent environ quatre mètres en amont du passage piéton et de l'associer au panneau de position C20. 

Pour autant, le plus efficace piur assurer la visibilité mutuelle nocturne piéton/conducteur, plutôt qu'un éclairage additionnel, s'avère de rechercher une solution qui vise d'utiliser l'éclairage existant en apportant une plus forte intensité lumineuse. C'est la solution la plus pertinente en carrefour, avec le souci de faire débuter ce renforcement en amont des passages piétons de chaque branche du carrefour de cinq bons mètres. L'objectif est toujours d'avoir la perception du piéton en contraste positif, c'est-à-dire éclairé devant un fond sombre sur oute la zone d'échange du carrefour où tout peut arriver. On veillera également à ce que ce renforcement éclaire également le trottoir et plus particulièrement l'abord du passage piéton où le piéton est en attente detraverser.

Quitte à avoir un éclairage public, il serait d'ailleurs plus logique de bien éclairer les trottoirs  pour la sécurité routière et civile du piéton et un peu moins les chaussées rendant plus performante la rétroréflexion du marquage du passage piéton, surtout la nuit, les véhicules étant dotés de leur propre éclairage.