Objectif -10%

Définition : Objectif -10% est le nom d'un programme de financement de l'Etat, mené entre 1983 et 1987 en direction des collectivités locales, ayant pour objectif d'obtenir une réduction de 10% des accidents corporels dans les collectivités ayant souscrit un contrat d'engagement.


Commentaires :

Le Comité interminsitériel de sécurité routière du 13 juillet 1982 marque un tournant dans la politique de sécurité routière avec un nouvel objectif:  celui de réduire d'un tiers le risque routier en cinq ans. Pour y parvenir, le CISR estime que l'Etat ne doit plus être seul à agir. Il doit organiser une mobilisation des différents acteurs dont, en priorité, les collectivités territoriales dans le dynamique, à l'époque, de la décentralisation. Cette recherche d'une mobilisation sociale se traduit par deux programmes : l'opération REAGIR et et l'opération OBJECTIF -10%

C'est la circulaire du 20 avril 1983 intitulée : Action des collectivités territoriales en matière de sécurité routière - Mesures d'incitation qui
définit le programme objectif -10%. Il est proposé aux communes ou groupes de communes de plus de 50 000 habitants et aux départements de s'engager dans la lutte contre l'insécurité routière en échange d'une aide finançière de l'Etat. Pour en bénéficier, les collectivités territoriales doivent réussir le contrat de  réduire d'au moins 10% le nombre des accidents corporels  sur leur territoire  sur une période de 12 mois consécutifs. En échange, l'Etat apporte une dotation initiale pour lancer les études puis verse « une prime » de réalisation au prorata du nombre d'accidents évités.

Ces contrats d'aide de l'Etat ont, d'une certaine façon, succédées aux aides de l'Etat accordées aux villes de plus de 100 000 habitants depuis 1978, pour la réalisation et la mise en œuvre d'un plan de circulation .

Le CISR du 11 février 1987 mettra fin à ces contrats qui seront remplacés par les plans départementaux de sécurité routière (PDASR).

Ces  contrats -10% ont eu le mérite de sensibiliser les villes aux questions de sécurité routière qui, pour elles jusqu'alors, relevaient exclusivement du domaine de l'Etat. Les villes impliquées reçurent l'aide technique du CETUR (centre d'études des transports urbains) créé en 1976 au sein du ministère de l' Equipement. Ce fut le début d'une collaboration fructueuse entre certaines villes (Lille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Paris) et ce centre, avec la mise au point d'outils comme le logiciel CONCERTO, logiciel de traitement des données accidents.

La fin de ce programme obejctif -10% résulte en partie des résultats de son évalaution mettant en évidence qu'un nombre de collectivité atteignait l'objectif sans avoir mené réellement des actions de sécurité routière.