Villes plus sûres, quartiers sans accident

Définition :

Ville plus sûre, Quartiers sans accidents" est le nom donné à un  programme interministériel "mis en œuvre dans les années 1980 avec pour objectif de concilier circulation, sécurité et vie urbaine au travers d'opérations expérimentales et innovantes, menées conjointement par l'État et les collectivités locales, sur des axes supportant un trafic important.

Commentaires :

Ce programme « ville plus sûre, quartiers sans accidents » a été animé par le CERTU(devenu CEREMA)  jusqu'en 1993. Il a connu une quarantaine de réalisations. Il fut précurseur pour annoncer la politique de modération de la vitesse en ville qui s'est traduite en 1990 par l'abaissement de la vitesse maximale autorisée de 60 à 50 km/h et à la création du concept de « zone 30 ». Les projets étaient pensés  pour rechercher une certaine cohabitation  des différents usagers (voitures, piétons, deux roues), sur le concept de lisibilité (modification des comportements liée à la lecture de l'aménagement par les automobilistes.

L'échelle de ces projets était celle des quartiers mais la plupart des projets ont porté sur un axe majeur ou des traversées d'agglomération.

Outre les innovations en matière d'aménagement qui a abouti à remettre en question le profil en travers d'une rue, l'innovation est venue de la conduite du projet. Le pilotage des opérations était mené localement avec un essai d'implication des habitants. Le projet était le fruit d'un travail pluri-disciplinaire (urbanisme, architecture, sécurité routière, circulation, sociologie.).

Plus de 25 ans après, que reste-t-il de ce programme. Certes, il a fait l'objet d'un document paru en 1990 sous la forme d'un guide méthodologique intitulé "Savoir-faire et techniques". Ce nouveau document présente, sous forme de fiches synthétiques largement illustrées, 35 opérations d'aménagement de voiries et d'espaces publics. Pour autant, ce savoir-faire semble s'être évaporé avec le temps. Les aménagements des années 2000 semblent moins ambitieux et nombre reste très conventionnel sous la forme « trottoir + chaussée.


L'approche de ce programme revient d'actualité avec le terme d'urbanisme tactique, remis au goût du jour dans le cadre de la sortie du confinement liée à la pandémie du coronavirus.