Voiture-radar

Définition :

Voiture-radar est le terme employé pour désigner un véhicule disposant d'un radar embarqué pour effectuer des contrôles automatiques de la vitesse.

Commentaires :

Mise à jour le 20 avril 2018

Les premières voitures-radar ont été mises en circulation en mars 2013. Depuis, 383 voitures ont été mises en circulation réparties sur l'ensemble du territoire. Ces véhicules sont capables de contrôler la vitesse des véhicules tout en roulant dans le flot de la circulation. Jusqu'à 2017, ces véhicules circulaient avec un équipage de deux policiers ou de deux gendarmes, l'un conduisant et  l'autre réglant la vitesse autorisée à l'endroit traversé, le système embarqué enregistrant automatiquement les dépassements de la vitesse autorisée.

L'expérimentation en 2017 a pour objectif d'optimiser l'usage des voitures-radar et de libérer du temps pour les forces de l'ordre. Jusqu'à présent, ces véhicules étaient peu utilisés (moins de deux heures par jour en moyenne). Cette expérimentation résulte de la décision du  Comité interministériel de la sécurité routière du 2 octobre 2015 dans sa mesure 2 qui demandait  d'augmenter dans les meilleurs délais l'utilisation des radars embarqués dans des véhicules banalisés, en confiant leur mise en œuvre à des prestataires agrées, sous étroit contrôle de l'Etat. Après une présentation à la presse le 24 février 2017 à Evreux, cette expérimentation des voitures-radar à la conduite externalisée a été menée pendant plusieurs mois sur les routes normandes. 50 000 kilomètres ont été parcourus avec les prototypes sur 900 heures de roulage procédant à des contrôles sans avis de contravention. Ces essais pratiqués dans l'Eure et la Seine-Maritime ont abouti à l'homologation du système. Ce 20 avril 2018, une nouvelle étape a été franchie. Cinq voitures-radar conduites par un opérateur privé sous strict contrôle de l'État circuleront sur les routes de Normandie avec envoi d'avis de contravention à partir du lundi 23 avril 2018. Deux objectifs majeurs sont recherchés: libérer du temps aux Forces de l'Ordre pour le consacrer à des tâches plus qualifiées comme l'interception au bord des routes (alcoolémie et stupéfiants) et faire respecter les limitations de vitesse en allongeant les plages horaires de circulation de ces véhicules sur les routes les plus accidentogènes. Le temps d'utilisation quotidien de ces véhicules passera de 1 heure 30 en moyenne aujourd'hui à 6, voire 8 heures. À terme, 26 voitures-radar à conduite externalisée seront affectées à la région Normandie. Puis après la Normandie, un deuxième marché sera lancé prochainement pour l'équipement d'une ou plusieurs autres  régions. Le territoire métropolitain devrait être  intégralement équipé d'ici à 2020.

Confier le contrôle des vitesses à un opérateur privé suscite bien évidemment les inévitables polémiques sur le thème des radars, pompes à fric. Le Ministère de l'Intérieur a donc veillé à une pratique très stricte de ces contrôles pour ne pas prêter à ces polémiques. Les sociétés privées désignées pour la conduite des voitures-radar ne seront pas rémunérées en fonction du nombre de flashs effectués pendant le temps de la conduite, selon le contrat qui lie l'État à son prestataire.
Aucune personne employée par ce prestataire, qu'il s'agisse du conducteur de la voiture ou de son management, ne sera informée que la voiture flashe et du nombre de flashs. La Délégation à la sécurité routière déterminera pour chaque prestataire un nombre précis et limité d'itinéraires à effectuer chaque jour. Le prestataire devra effectuer précisément le nombre de kilomètres qui lui a été fixé par l'État. S'il en effectue moins, sa rémunération sera diminuée d'autant. S'il en effectue plus, non seulement il ne verra pas sa rémunération augmenter, mais il devra payer une lourde pénalité (Article 5.2 du Cahier des clauses administratives particulières - CCAP - du marché d'externalisation).

À la suite d'un appel d'offres régional,  c'est l'entreprise Mobiom qui a été sélectionnée parmi 21 ayant fait une offre.

Le ministère de l'Intérieur précise dans son communiqué de presse, que, selon les termes du contrat, l'entreprise ne pourra jamais se prévaloir du nombre de contraventions généré par les voitures qui roulent sous sa responsabilité pour réévaluer sa rémunération. Le système est bâti de telle sorte, assure la DSR, qu'il ne peut y avoir ni intéressement aux amendes, ni encore « course au chiffre » pour l'entreprise.

Les véhicules, des « Peugeot 308 » restent propriété de l'État. Lorsqu'elles ne sont pas utilisées, ces voitures sont stationnées sur des sites de police ou de gendarmerie. Le contrat de l'entreprise Mobiom porte uniquement sur le déplacement du véhicule.

Les voitures-radar à conduite externalisée sont les mêmes que celles mises en service depuis 2013, ces dernières conduites par un équipage de deux policiers ou gendarmes, l'un affecté à la conduite, l'autre au réglage de la vitesse autorisée. Les premières voitures-radar ont été mises en circulation en mars 2013.  Depuis, 383 ont été mises en circulation réparties sur l'ensemble du territoire.  Dans les voitures-radar à conduite externalisée, une intervention humaine n'est plus nécessaire pour régler en permanence la  vitesse maximale autorisée (VMA) dans une zone traversée. Le réglage de la VMA s'effectue automatiquement grâce au GPS. Parallèlement, des caméras situées à l'avant et à l'arrière du véhicule lisent les panneaux de limitation de vitesse situés sur le parcours pour confirmer l'exactitude de la vitesse à contrôler.  La voiture-radar calcule en permanence la vitesse des véhicules qu'elle croise ou qui la double et ce, quelle que soit son allure. Pendant sa mission, le conducteur a l'obligation de s'insérer dans le flot de circulation. Le prestataire s'expose à une lourde amende
(1 000 euros par jour et par voiture) si une voiture-radar ne circule pas à une vitesse adaptée ou s'il s'écarte du parcours qui lui a été imposé. Les avis de contravention (ACO) des voitures-radar externalisées sont traités par le Centre national de traitement de Rennes (CNT) basé à Rennes. Le véhicule transmet automatiquement les messages d'infraction au CNT, sans que le conducteur puisse s'y opposer, les stopper ou les corrompre.

Le Ministère précise par ailleurs, que les marges techniques (qui sont de fait des marges de tolérance) appliquées au matériel de mesure de la vitesse « en déplacement » sont doublées par rapport aux radars fixes,  la tolérance passant à 10km/h en dessous de 100km/h et 10%
pour les vitesse au dessus Toute personne normalement attentive aux limitations de vitesse peut donc rouler sans crainte d'être verbalisée.

Se faisant, ce rappel risque d'accréditer l'idée que la VMA est une vitesse conseillée davantage qu'une vite à ne jamais dépasser. Au delà, la question de fond est de savoir si le contrôle des vitesses par des voitures banalisées est efficace à faire réduire les vitesses pratiquées et en conséquence, l'accidentalité ? Aucune évaluation approfondie n'a jusqu'à présent été produite. Certes, lors des six premiers mois d'expérimentation des voitures-radars en 2013, une baisse significative de la mortalité avait été enregistrée dans les six départements tests. Cependant, cette expérimentation avait été accompagnée d'une forte communication. Ce résultat peut-il être maintenu une fois une telle communication éteinte ? Rien n'est moins sûr.

La crainte que l'on peut avoir est que la peur du gendarme qui fonctionne efficacement et qui subsiste d'une certaine façon avec les radars fixes ou les radars leurres, visibles des conducteurs, ne fonctionne pas aussi bien avec les voitures-radar anonymes dans la circulation. Cette anonymisation entretient de surcroît, le discours des opposants aux radar  que l'Etat cherche à piéger le conducteur. Pour désamorcer cet argument infondé, une solution serait que ces véhicules soient reconnaissables dans la circulation.