21 avril 2019: hausse de la mortalité en mars de +7,3%


Selon le baromètre de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 250 personnes ont perdu la vie sur les routes de France  métropolitaine en mars 2019. Comparé au  mois de mars 2018 où l'on avait déploré 233 morts sur ces routes, 17 personnes de plus ont été tuées, soit une hausse de +7,3%. En année glissante sur les 12 derniers mois, il subsiste  une très légère baisse de - 2,3 %. Depuis le début de l'année, correspondant au premier trimestre, la hausse est de +9,3%. Cette hausse mensuelle est la troisième consécutive faisant du  1er trimestre 2019, un trimestre très inquiétant traduisant un retournement de tendance de la mortalité routière. Ce retournement reste  toujours attribué par la Sécurité Routière à l'effet de la forte dégradation des radars fixes  s'étant traduit par un relâchement des comportements sur l'ensemble des réseaux.  Ce constat test probablement à nuancer. Il était possible de constater pour le mois de février que les conditions météorologiques exceptionnels qu'il avait connu particulièrement doux et ensoleillé avait était probablement le facteur principal de cette hausse significative.

Ce constat se confirme pour ce mois de mars (lire les analyses des mois de mars). Alors que l'hiver jouait les prolongations en 2019, le printemps a déjà pointé son nez provoquant un usage précoce des deux-roues et de la marche à pied. Les trois usagers vulnérables : piétons, cyclistes et motocyclistes représentaient plus de 80% de la hausse en février. En mars, on dénombre 39 usagers vulnérables en plus en mars 2019 par rapport à mars 2018. En revanche, on dénombre  22 personnes de tuées en moins chez les automobilistes. Il serait alors faux de penser que la baisse de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h n'aurait aucun effet ou qu'elle serait annihilée par la destruction des radars. Elle a un effet certain sur les conducteurs des véhicules de tourisme, et probablement nettement moins chez les motocyclistes, ce qui est un constat bien connu. Ce sont d'ailleurs les motocyclistes qui sont les plus virulents à l'encontre de la mesure. Avril s'annonçant très estival, rien ne permet d'espérer un renversement de tendance. Il serait navrant que ce réchauffement climatique conduisent à remettre en question une mesure de sécurité routière qui a du sens même si son application conduit à des situations très hétérogènes mal comprises par les usagers et imputables aux gestionnaires des routes.